Histoire du féminisme (1/5) : présentation générale

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Les prises de position en faveur d’une valorisation de la place des femmes dans la société sont présentes, principalement dans la littérature, depuis la Grèce Antique (Sappho), et l’on en retrouve par la suite tant au Moyen-Âge (Hildegard von Bingen, Christine de Pisan) qu’à la Renaissance (Louise Labé, Marie de Gournay, Mary Ward, Mary Astell). L’histoire en a retenu des textes individuels, ne reflétant guère un élan commun ou un mouvement conscient de sa propre existence, toutefois il serait erroné de croire que les autrices n’aient pas volontairement diffusé leurs messages – en témoignent les querelles historiques ayant opposé, constamment, les pro et anti évolution du statut de la femme comme être humain à part entière. C’est pourquoi l’on tend à prendre le siècle des Lumières et des Révolutions comme point de départ du féminisme – qui était dans un premier temps assez unanime, intimement lié à la montée du libéralisme et teinté d’individualisme.

Généralement associée à Martha Weinman Lear et son article « The Second Feminist Wave » paru en 1968 dans le New York Times Magazine, l’expression métaphorique vagues du féminisme remonterait plutôt à 1920 selon Elizabeth Sarah, dans son ouvrage Reassessments of First Wave Feminism paru en 1983. L’on en identifie aujourd’hui quatre, mais il demeure difficile d’en déterminer clairement les bornes chronologiques. Le plus souvent, elles sont délimitées ainsi :

  1. de la fin du XVIIIè siècle à la Seconde Guerre mondiale
  2. des années 1950 aux années 1990
  3. des années 1990 aux années 2010
  4. depuis 2010

Les deux théoriciennes principales considérées comme les précurseuses* de la première vague du féminisme sont Olympe de Gouges, en France, et Mary Wollstronecraft, en Angleterre.

Aux États-Unis, Abigail Adams, conseillère et épouse de John Adams, a également été une figure extrêmement influente de son époque, promouvant la nécessité d’une juste représentation des femmes dans les processus législatifs et l’accès égal à l’éducation, tentant ainsi de sensibiliser son mari, notamment lors de la rédaction de la Déclaration d’Indépendance. Son legs se trouve cependant principalement dans des lettres personnelles publiées à titre posthume, et non des écrits volontairement publics à l’instar d’Olympe de Gouges ou de Mary Wollstronecraft.

*le féminin de précurseur n’est pas reconnu dans la langue française


Antonio González Alcaraz. 1987. « Le débat féministe à la renaissance ». Estudios románicos 4 : 453-460.

Béatrice Alonso et Éliane Viennot. 2004. Louise Labé 2005. Saint-Étienne : PUSE, coll. « l’école du genre ».

Cathia Jenainati et Judy Groves. 2010. Introducing Feminism: A Graphic Guide. London : Icon Books Ltd.

Divina Frau-Meigs. 2018. « Les armes numériques de la nouvelle vague féministe ». The Conversation. En ligne.

Martha Rampton. 2019. « Four Waves of Feminism ». Pacific University.

René Doumic. 1898. « Revue littéraire : Le féminisme au temps de la Renaissance ». Revue des Deux Mondes 149 (4) : 921-932.

Sarah Gamble. 2006. The Routledge Companion to Feminism and Postfeminism. Taylor & Francis e-Library.